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    Un potentiel inexploité : des occasions de transition

    Pendant des dizaines d’années, l’industrie pétrolière et gazière a attiré le meilleur personnel, du personnel brillant. Cette main-d’œuvre compétente, instruite et chevronnée a renforcé les opérations, cherché des avancées technologiques et trouvé des moyens plus sécuritaires de travailler au quotidien. Ces dernières années, l’industrie a dû composer avec la chute des prix du pétrole, avec l’utilisation accélérée de la numérisation et de l’automatisation, et avec un ralentissement de l’économie attribuable à la COVID. À la lumière de ces réalités, les entreprises ont dû apprendre à en faire plus avec moins. Au sein de l’industrie pétrolière et gazière, les mises à pied ont créé un bassin inexploité de talents qui peuvent non seulement prêter leurs connaissances, leur éducation et leur expérience à d’autres industries du Canada, mais aussi aider à montrer la voie en vue d’une reprise économique résiliente. 

    Au Canada, à l’instar de l’industrie pétrolière et gazière, grand nombre d’autres industries subissent leur propre transition, ce qui entraîne la nécessité de posséder des compétences différentes et d’accepter de nouveaux rôles. En raison de cette transformation, il s’agit d’un moment propice pour les employeurs d’adopter une stratégie de main-d’œuvre permettant de trouver et d’optimiser le bassin de talents disponible.   

    Le fait d’être doté d’une stratégie de main-d’œuvre robuste misant sur ces travailleurs en voie de faire une transition vers de nouvelles carrières et d’autres secteurs de l’industrie peut aider à atténuer l’« exode des cerveaux » entre les régions. Selon ATB Financial, pour le troisième trimestre d’affilée, l’Alberta a perdu des résidents qui sont allés vivre ailleurs au Canada, plus particulièrement en Colombie-Britannique. Les Albertains se sont également installés en Ontario, dans les provinces atlantiques, au Québec et dans les territoires.  

    Jumelage des compétences 

    Pour réussir sur le marché du travail, les travailleurs sans emploi ou sous-employés doivent trouver des moyens de réorienter leur carrière, de se recycler ou de se perfectionner. Pour les organisations, favoriser le recyclage ou le perfectionnement des travailleurs est tout à fait logique. Ces travailleurs peuvent réduire la nécessité de pourvoir les postes en demande à partir de talents situés en dehors de l’organisation, ce qui peut se traduire par des salaires exagérés et des coûts, surtout pour les talents très recherchés. 
     
    Le perfectionnement, ce n’est pas seulement le fait de donner accès à de la formation. C’est une question de déterminer l’expérience qui revêtira le plus d’importance pour les nouveaux rôles, de comprendre les écarts de compétences et de trouver les meilleures personnes pour pourvoir ces rôles. Sur le plan financier aussi, le perfectionnement est logique. Dans une publication récente, PWC estime que les entreprises peuvent s’attendre à un rendement sur investissement d’au moins 2 $ US en revenus ou en économies pour chaque dollar investi dans le perfectionnement. 
     
    Les travailleurs, les industries et les gouvernements doivent tous jouer un rôle pour combler les écarts et acquérir les compétences qui s’avéreront nécessaires à l’avenir.

    Constatations émanant du sondage sur les talents inexploités

    Afin de mieux comprendre les talents disponibles du pétrole et du gaz qui joueront un rôle dans la transition de la main-d’œuvre, PetroLMI a effectué un sondage sur les talents inexploités. Ce sondage a permis de recueillir des renseignements détaillés en provenance de plus de 2 000 répondants des quatre coins du pays. Ces répondants avaient déjà travaillé dans l’industrie pétrolière et gazière et se cherchaient activement un emploi au moment du sondage (entre le 1er octobre 2019 et le 29 décembre 2020). 
     
    Le sondage a permis de constater que cette main-d’œuvre avait tendance à être plus âgée et expérimentée, 42 % des participants ayant plus de 55 ans et 77 % indiquant qu’ils possédaient plus de 15 ans d’expérience. Par ailleurs, ces personnes étaient très instruites, avec 86 % des répondants indiquant qu’ils avaient fait des études postsecondaires. En Alberta, la plupart des répondants avaient un diplôme universitaire (baccalauréat, maîtrise ou doctorat), tandis que pour le reste du Canada, les accréditations de métiers étaient plus courantes. 
     
    Les mises à pied concernant les répondants touchaient de nombreuses catégories et avaient des incidences sur une vaste gamme de familles d’emploi et de professions, allant de gens de métiers à des camionneurs, en passant par les technologues et les techniciens, les géoscientifiques, les ingénieurs et les technologues de l’information. Dans le bassin de talents, il y avait aussi des professions qui avaient tendance à être transférables à d’autres industries, y compris les finances, la comptabilité, les ressources humaines, la santé et la sécurité, les ventes, le marketing et le développement des affaires. Il y avait aussi des travailleurs spécialisés en forages et en opérations sur les chantiers dotés de compétences transférables, comme des personnes travaillant dans des milieux de travail où la sécurité est un enjeu, et des personnes faisant appel à la réflexion critique et à la résolution de problèmes. C’est pourquoi les entrepreneurs en construction et les entreprises d’énergie renouvelable ont commencé à puiser dans ce bassin de talents. 
     
    Par ailleurs, les résultats du sondage ont permis de constater que cette main-d’œuvre a déjà montré qu’elle est capable de bien réussir à faire la transition d’une industrie à l’autre. En moyenne, les répondants ont indiqué qu’ils avaient travaillé dans deux industries en plus de celle du pétrole et du gaz, ce qui témoigne de leur capacité à s’adapter à un changement de carrière et à la demande du marché, et à faire valoir leurs compétences et leur expertise entre les secteurs. 
     
    Au sujet de leur expérience de travail dans d’autres industries, c’est l’industrie de la construction qui est ressortie le plus souvent, bien que cela dépendait d’une région à l’autre et d’une économie provinciale à l’autre. Par exemple, les travailleurs du pétrole et du gaz de l’Alberta possédaient aussi de l’expérience dans le secteur des ressources naturelles et dans des secteurs techniques, comme l’agriculture, l’exploitation minière, les soins de santé et l’éducation. En revanche, les répondants de la Colombie-Britannique possédaient de l’expérience en exploitation forestière, en services publics et en agriculture.  
     
    Les consultations de PetroLMI avec des représentants d’industries autres que celle du pétrole et du gaz ont permis de constater qu’ils s’intéressaient de plus en plus aux compétences, aux connaissances et à l’expérience du bassin de talents du pétrole et du gaz. Ils comprennent que ces personnes savent déjà comment gérer et exécuter des projets complexes et qu’elles savent comment travailler dans un milieu de travail où la sécurité est essentielle. Il s’agit là de compétences importantes pour ces organisations. À cela s’ajoute le fait que les organisations commencent à reconnaître qu’au moment où elles entreprennent des activités qui ont cours depuis des années dans l’industrie du pétrole et du gaz, comme l’intégration interfonctionnelle, l’amélioration des processus ou des procédés et l’optimisation de la production, elles peuvent puiser dans un bassin de talents doté de compétences permettant de résoudre des problèmes scientifiques et d’ingénierie complexes, d’analyser des données, d’évaluer les risques et d’évoluer dans des milieux réglementaires stricts, ce qui leur permet de faire progresser leur organisation grâce à des compétences et à des connaissances éprouvées.  
     
    Par conséquent, dans l’industrie canadienne du pétrole et du gaz, il est possible de considérer les mises à pied comme un véhicule pouvant être utile à d’autres industries, surtout les secteurs émergents, pour qu’ils puissent miser sur des talents possédant une grande expertise et des compétences transférables et favoriser une reprise à plus grande échelle et une croissance économique. 
     
    Grâce à la collaboration entre les gouvernements, les organismes de formation et les employeurs, le Canada peut se transformer et diversifier son économie tout en améliorant l’apport économique de ces travailleurs chevronnés, sans emploi ou sous-employés. 

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