Un changement de direction

À 20 ans, Ginelle Smud envisageait de devenir travailleuse sociale.
 
« Mais j’ai changé d’avis, explique-t-elle. Je craignais de ne pas pouvoir gérer la charge émotionnelle liée à ce travail. Une de mes amies qui sortait d’un stage m’a dit qu’elle avait du mal à séparer sa vie professionnelle de sa vie privée. Je ressentais la même chose, je ne savais pas si j’en serais capable. »
 
Originaire d’Edson, en Alberta, elle s’est donc penchée sur d’autres possibilités d’emploi, avec moins de liens affectifs. Ginelle avait aussi une autre priorité : l’autonomie financière.
 
« C’était quelque chose de vraiment important pour moi, confie-t-elle. Je voulais une certaine sécurité financière. »
 
C’est dans sa famille que Ginelle a trouvé l’inspiration pour son nouveau choix de carrière.

« Mon père est un mécanicien de centrale de deuxième classe, et mon frère est un ingénieur de troisième classe », poursuit-elle. Tous deux travaillaient à Edson dans des usines de traitement du gaz naturel liquéfié. Les mécaniciens de centrale (aussi appelés mécaniciens de machines fixes) accomplissent diverses tâches, notamment l’exploitation de chaudières à basse et haute pression et d’équipements connexes de traitement de l’eau, de réfrigération, d’instrumentation, de compression et d’alimentation en carburant.
 
« Je les entendais parler de ce qu’ils faisaient et j’étais fascinée. Je n’aurais jamais pu imaginer une chose pareille. » 

Une occasion saisie   

Comme Ginelle a tendance à s’ennuyer rapidement, elle a besoin d’apprendre et d’être stimulée en permanence. Lorsque son frère lui a suggéré un emploi d’été dans l’usine où il travaille, Ginelle a sauté sur l’occasion.
 
« Quand je suis entrée pour la première fois, j’ai été réellement choquée par ce que je voyais », raconte-t-elle à propos de l’installation massive et complexe qui transforme le gaz naturel en propane.
 
Pour être admissible à un programme postsecondaire en génie énergétique, Ginelle a repris ses études secondaires pour faire ses cours enrichis de mathématiques et de sciences. Après avoir obtenu ses crédits, elle s’est inscrite au Fairview College, au nord de Grande Prairie, et a obtenu en sept mois son certificat de mécanicien de centrale de quatrième classe.
 
Si son premier emploi, en 2013, était rémunéré 37 dollars de l’heure, c’est le travail proprement dit qui l’a le plus impressionnée.
 
« Il s’agit d’une activité très stressante, caractérisée par des températures et une combustion élevées », explique Ginelle, qui a été la première femme à être embauchée au poste de mécanicien de centrale dans son entreprise. Elle a pleinement endossé son rôle et a trouvé un accueil chaleureux auprès de sa première équipe, et de toutes celles qui se sont succédé depuis.
 
Après une décennie dans le secteur de l’énergie au Canada, son prochain grand objectif est de travailler à l’obtention de son certificat de mécanicien de centrale de troisième classe.   
 
« Pour moi, il est important d’acquérir davantage de connaissances et de diplômes, confie Ginelle. En ce moment, je forme certains des nouveaux opérateurs de notre site. J’aime cet aspect du travail…  et je souhaite évoluer vers un poste dans la salle de commande. » 
 
Ginelle, qui se décrit comme une femme de terrain, aime travailler à l’extérieur, être active, faire partie d’une équipe et apprendre. Son emploi offre tous ces éléments.

Il y a toujours quelque chose à apprendre et quelqu’un auprès de qui apprendre. Quand on travaille avec un groupe de personnes, on forme une équipe. On travaille de concert et tout le monde s’entraide. Et puisqu’on a du bon temps sur le terrain, on n’a pas l’impression d’être « au travail ».

Ginelle Smud, Opératrice d’installation, Keyera

AUn socle d’apprentissage et de sécurité   

Outre une bonne communication et l’apprentissage continu, la sécurité est au cœur du travail de Ginelle. Au début d’une journée typique, l’équipe précédente transmet de l’information sur les activités au quart qui arrive. La nouvelle équipe détermine ensuite la place de chaque personne et lui attribue ses tâches. Il faut surveiller les températures, les pressions, les débits et les sons et s’assurer qu’ils se situent dans la plage de fonctionnement normale. Chaque détail est surveillé.   
 
Tout équipement nécessitant un entretien doit être mis hors service, autrement dit, il doit être retiré du réseau et entièrement vidé de gaz avant toute opération d’entretien. C’est un travail méthodique et précis avec des normes rigoureuses.
 
« Au quotidien, la sécurité est la priorité absolue. Il suffit d’une seconde pour que quelque chose se produise. Cela a même changé la façon dont je fais les choses à la maison, remarque Ginelle en riant. Aujourd’hui, pour désherber mon jardin, je porte tout l’EPI (équipement de protection individuelle). »

Un domaine plein de surprises

Ce qui surprend le plus Ginelle dans sa carrière dans le secteur de l’énergie au Canada, c’est la satisfaction que lui procure son métier.
 
« Je l’aime toujours autant. Il y a toujours de nouveaux horizons et les gens sont formidables. Le champ des possibles est surprenant. J’ai vu beaucoup de gens évoluer dans leur cheminement de carrière et passer à autre chose. Personne n’est coincé, les options sont là. »
 
Mais pour l’instant, Ginelle n’a pas l’intention de changer d’emploi. « J’adore mon milieu, où l’on trouve une croissance constante et un esprit d’équipe. »

Société

Keyera 

Emplacement

Fort Saskatchewan (Alberta)

Éducation

Certificat de mécanicien de centrale   

Le salaire, le niveau de scolarité et l’avancement peuvent varier d’une entreprise à l’autre.


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