Ressources pour les employeurs : Favoriser la conciliation travail-vie personnelle
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Nous endossons tous de multiples rôles au quotidien : employé, parent, coéquipier, bénévole, superviseur, soignant, etc. La société moderne et les avancées technologiques conçues pour nous faciliter la vie ont, comble de l’ironie, progressivement favorisé des environnements où la frontière entre travail et vie personnelle s’estompe. Le passage au télétravail pendant la pandémie de COVID-19 a largement contribué au chevauchement de ces sphères.
Qu’est-ce que la conciliation travail-vie personnelle?
HR Professional Now définit la conciliation travail-vie personnelle, d’après le Human Resources Council for the Nonprofit Sector, comme un état de bien-être défini et décidé par une personne, qu’elle peut atteindre ou se fixer comme objectif, et qui lui permet de gérer efficacement ses multiples responsabilités au travail, à la maison et au sein de sa collectivité. Cet état favorise la santé physique, émotionnelle, familiale et collective, et ce, sans souffrance, stress ou impact négatif.
Voici une définition plus pragmatique : la capacité à gérer plusieurs engagements, à la maison et au travail, sans que l’une ou l’autre de ces sphères nuise au respect de ses engagements de manière régulière.
Le Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail (CCHST) se réfère à une étude réalisée pour Santé Canada, selon laquelle : « La conciliation travail-vie comporte habituellement deux volets : le premier concerne le manque de temps et les conflits d’horaire, et le deuxième, le sentiment d’être surpassé, surchargé et stressé en raison des multiples rôles à jouer. » Il existe quatre grandes catégories de facteurs de stress qui entraînent ce déséquilibre :
- La surcharge des rôles : cette forme de conflit entre le travail et la vie personnelle survient quand les exigences totales en matière de temps et d’énergie associées aux activités à entreprendre sont trop importantes pour qu’une personne remplisse ses obligations adéquatement ou sans inquiétude.
- L’interférence du travail dans la famille : ce type d’interférence survient quand les exigences et les responsabilités professionnelles rendent difficile l’exécution des responsabilités familiales (p. ex. de longues heures de travail rémunéré qui empêchent d’assister à une activité sportive d’un enfant, des préoccupations liées au travail qui ne permettent pas de participer pleinement à la vie familiale, les retombées du stress au travail sur le foyer, qui augmentent les conflits avec les membres de la famille).
- L’interférence de la famille dans le travail : ce type d’interférence entre les rôles se produit quand les exigences et les responsabilités familiales rendent difficile l’exercice des responsabilités professionnelles (p. ex. absence en raison de la maladie d’un enfant ou conflits familiaux nuisant à la concentration au travail).
- La pression sur le fournisseur de soins : concept à plusieurs dimensions qui est défini du point de vue des « fardeaux » pesant sur le quotidien du fournisseur de soins et découlant de la nécessité de donner des soins à une personne.
Pourquoi est-ce important?
Il semble y avoir une infinité de statistiques de recherche (selon reviewlution.ca) sur les perceptions et les répercussions d’un déséquilibre entre travail et vie personnelle. À la lumière de tous les renseignements disponibles, la raison pour laquelle la concilation travail-vie personnelle est importante pour les employeurs est évidente : elle peut avoir des conséquences négatives considérables pour l’entreprise. Le stress chronique est l’un des effets courants du déséquilibre entre le travail et la vie privée, ce qui conduit les salariés à l’épuisement professionnel. Les statistiques sur les milieux de travail au Canada révèlent que pour 47 % des gens, leur travail est extrêmement stressant. Par ailleurs, on estime que l’épuisement professionnel aux États-Unis coûte entre 125 et 190 milliards de dollars chaque année.
La capacité de faire les choses plus rapidement signifie que l’on peut en faire plus en moins de temps. Cependant, cette course à l’augmentation et à l’accélération se heurte tôt ou tard à un point de rupture. Comme le mentionne Maura Thomas dans un article de Forbes, des études révèlent que l’augmentation du temps de travail se traduit par une baisse de la productivité à partir d’environ 50 heures par semaine. En d’autres termes, à un certain moment, un travailleur accomplit moins de choses lorsqu’il travaille plus.
Le stress chronique et l’épuisement professionnel conduisent à un désengagement professionnel accru, à l’absentéisme, à des problèmes de santé mentale et à une augmentation du taux de roulement du personnel.
Selon le CCHST, l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle est primordial. Des études ont montré que les programmes de conciliation travail-vie personnelle offrent de nombreux avantages. Par exemple, ces programmes peuvent :
- attirer de nouveaux employés;
- contribuer à maintenir le personnel en poste;
- diversifier les compétences et le personnel;
- améliorer le moral;
- réduire les cas de maladies et d’absentéisme;
- améliorer les rapports entre collègues;
- favoriser le travail d’équipe et les initiatives;
- accroître le rendement et le degré de satisfaction;
- réduire le stress et l’épuisement professionnel.
Les statistiques parlent d’elles-mêmes (tirées de reviewlution.ca) :
- Jusqu’à 3,7 millions de gens au pays ressentent un niveau de stress important en raison du travail.
- 43 % des travailleurs au Canada croient que la COVID-19 mettra fin aux emplois de bureau de 9 h à 17 h.
- 125 à 190 milliards de dollars : c’est le coût estimé des problèmes d’épuisement physique et psychologique des employés.
- De nombreux employés passent 40,1 % de leur journée à faire plusieurs tâches en même temps.
- Les employeurs qui offrent un meilleur équilibre entre le travail et la vie personnelle ont un taux de roulement du personnel inférieur de 25 %.
- 32 % des personnes au Canada ont manqué un événement de leur vie privée à cause de leur travail.
- 27 % des travailleurs au Canada subissent quotidiennement des niveaux de stress élevés ou extrêmes.
- Vie professionnelle et déséquilibre en 2020 : 10 % des salariés déclarent passer moins d’une heure, voire pas du tout, de temps de qualité avec leur famille les jours de travail.
- Les employeurs qui offrent un meilleur équilibre entre le travail et la vie personnelle ont un taux de roulement du personnel inférieur de 25 %.
- 79 % des employés au Canada qui ont des horaires de travail flexibles déclarent être très satisfaits de leur équilibre travail-vie.
- Les entreprises dont les employés sont satisfaits et épanouis dépassent leurs concurrents de 20 % sur le plan du rendement.
Ce que vous pouvez faire
La conciliation travail-vie personnelle est surtout une question de perception. Les entreprises axées sur le travail de bureau ont tendance à respecter les heures classiques, qui peuvent varier en fonction du lieu ou de la collectivité où elles sont implantées. En outre, nombre d’entre elles ont fixé des heures obligatoires pendant lesquelles les employés sont tenus d’être présents. De nombreuses industries sous réglementation provinciale et fédérale ont également des lignes directrices sur le nombre d’heures (ou de jours ou de quarts) dans une semaine de travail normale. De plus, de nombreux employeurs établissent explicitement le nombre d’heures dans une semaine de travail normale dans les contrats de travail.
Bien que de nombreux employeurs respectent ces normes, nombre d’employés déclarent ressentir le besoin de les dépasser. Les raisons avancées sont multiples : dévouement, attentes du superviseur et de l’entreprise, désir de se surpasser, connectivité fournie par l’employeur (p. ex. téléphones mobiles, courriel, vidéoconférence, messagerie instantanée). Malgré ce que disent les employeurs, les salariés ressentent le besoin d’être en contact et à l’écoute de leur employeur à tout moment, y compris les soirs, les week-ends, les jours fériés et pendant les vacances.
Chaque employé est responsable de donner un sens à la notion de conciliation travail-vie personnelle. Les employeurs, les dirigeants et les superviseurs doivent toutefois créer un environnement dans lequel leurs collègues sont en mesure d’atteindre cet équilibre et se sentent libres de le faire. De nombreux employeurs ont mis en place avec succès des programmes et des tactiques qui favorisent ce type d’environnement, notamment :
- Imposer des limites liées à la technologie :
- Limiter l’accès aux outils et technologies de communication de l’entreprise en dehors des heures de travail;
- Limiter l’accès aux communications d’entreprise sur les appareils personnels.
- Encourager la prise de congés annuels.
- Établir des normes de « temps d’arrêt » des communications (aucune communication liée au travail entre les employés, sauf en cas d’urgence).
- Mettre en place des demandes de temps supplémentaire, tout comme les employés soumettent des demandes de vacances ou de congés; en exiger l’examen et l’approbation de la direction avant toute exécution d’heures supplémentaires.
- Mettre en place des programmes de soutien familial et personnel au travail (CCHST, cité par HRProfessional Now) :
- Services à l’enfance et services de garde d’urgence sur place;
- Programmes saisonniers de garde d’enfants (comme pendant la semaine de relâche ou le temps des Fêtes);
- Initiatives en matière de services aux aînés (programmes d’orientation, évaluation des services aux aînés, gestion de cas et liste d’organisations ou d’entreprises locales susceptibles de fournir des renseignements, des produits ou des séminaires);
- Modalités de travail flexibles;
- Congé parental pour les parents adoptifs;
- Politiques de congé pour raisons familiales;
- Autres politiques sur les congés, comme congés pour études ou services communautaires, congés autofinancés, congés sabbatiques;
- Programmes d’aide aux employés;
- Séminaires et ateliers sur place (sur des sujets comme le stress, l’alimentation, le tabagisme et la communication);
- Possibilités d’éducation ou de formation internes ou externes;
- Installations de conditionnement physique ou aide à l’adhésion à un programme de conditionnement physique au début d’un programme de conciliation travail-vie personnelle. Le CCHST insiste sur l’importance pour une entreprise de nommer une personne ou, dans certains cas, de former un comité mixte travail-vie personnelle.