Si vous retourniez dans le temps, dans un bureau ou un lieu de travail des années 1960, vous remarqueriez probablement un manque flagrant de diversité parmi les employés. La plupart des milieux de travail s’efforcent maintenant d’enrichir leurs organisations et de les préparer à la réussite en employant des gens d’origines ethniques, de cultures, de genres, etc., distincts. Mais un examen plus approfondi met en évidence une exception flagrante à cette règle ‒ l’absence d’employés qui s’identifient comme neurodivergents.

Lorsque le cerveau d’une personne se développe ou fonctionne d’une façon qui ne correspond pas à ce que la plupart des gens considèrent comme « normale », cette personne est considérée comme neurodivergente. Elle a des défis uniques à relever par rapport à aux gens qui ont un développement ou un fonctionnement cérébral plus typique, mais elle a aussi des forces uniques.

Les personnes neurodivergentes pourraient aider les employeurs à lutter contre la pénurie de main-d’œuvre et donner à leurs organisations un avantage concurrentiel grâce à des perspectives et à des approches de résolution de problèmes différentes pour trouver des solutions novatrices.

De quoi s’agit-il?

Les Centres d’excellence en neurodiversité d’EY Canada décrivent la neurodiversité comme le fait d’accepter les variations infinies du fonctionnement de notre cerveau et de notre comportement, tout en célébrant la diversité dans nos capacités cognitives et nos perspectives. Cette diversité naturelle comprend non seulement des personnes neurodivergentes ‒ celles qui ont des modes de pensée uniques, mais aussi des personnes neurotypiques ‒ celles qui ont des modes de pensée typiques.

La neurodiversité consiste à inclure des personnes autistes, dyslexiques ou présentant un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH), entre autres.

Neurodiversité en milieu de travail

Les personnes neurodivergentes doivent relever différents défis en milieu de travail qui ont une incidence sur leur perfectionnement et leur avancement professionnels, notamment :

  • Malentendus et problèmes de communication : La communication implicite ou le sarcasme peuvent tomber à plat et entraîner des malentendus avec les collègues ou les dirigeants.
  • Problèmes liés aux fonctions exécutives : Il peut être difficile pour elles de planifier, d’établir des priorités et d’organiser le travail, ce qui les empêche de respecter les échéances, d’accomplir les tâches et de gérer les charges de travail.
  • Surcharge sensorielle : La sensibilité à des choses comme les lumières vives, les bruits forts ou les odeurs fortes peut être accablante, causer de l’anxiété ou du stress et les empêcher de se concentrer ou d’accomplir des tâches.
  • Isolement social : La difficulté à établir des liens avec des collègues ou à participer à des activités sociales en milieu de travail peut créer un sentiment d’isolement et affecter leur motivation et leur satisfaction au travail.
  • Difficulté avec le changement : Les changements dans les tâches, les horaires ou les milieux de travail peuvent perturber leur routine et causer beaucoup d’anxiété.
  • Focus étroit ou hyperfocus : Ces personnes peuvent avoir de la difficulté à détourner leur attention de tâches précises et à s’adapter à de nouvelles tâches ou à des tâches multiples.

D’un autre côté, les milieux de travail qui ne s’adaptent pas aux employés neurodivergents créent d’autres problèmes, comme ceux-ci :

  • Manque de compréhension et de mesures d’adaptation : Le fait de ne pas comprendre la neurodiversité et les mesures d’adaptation nécessaires peut faire que les personnes neurodivergentes ont de la difficulté à gérer leur charge de travail et à répondre aux exigences.
  • Stigmatisation et discrimination : Les préjugés peuvent mener à la discrimination et les attitudes négatives peuvent nuire à l’estime de soi et à l’épanouissement professionnel.
  • Préjugés : Les préjugés peuvent mener à de la discrimination et à un traitement injuste. Par exemple, les personnes neurodivergentes peuvent être ignorées lors de possibilités de promotions ou recevoir des commentaires négatifs.

Le saviez-vous?

Environ 15 % de la population mondiale, soit 1 personne sur 7, s’identifie comme étant neurodivergente.

Pourquoi est-ce important?

Bon nombre de ces personnes possèdent des compétences avancées en reconnaissance de formes et en résolution de problèmes et ont le souci du détail. Elles peuvent être très novatrices, créatives, curieuses et engagées dans leur travail. En fait, des études montrent que le rendement de ces personnes dans certaines fonctions peut dépasser celui d’autres employés.

Leurs attributs se traduisent par des forces clés qui sont une valeur ajoutée pour les entreprises, qui permettent de cerner les besoins non comblés et les possibilités d’amélioration, et qui favorisent la réussite des organisations.

EY a conclu qu’en plus d’exceller dans l’innovation, les personnes neurodivergentes ont une efficacité, un rendement et une qualité de travail comparables à celles du personnel neurotypique.

Ce que vous pouvez faire

Les organisations doivent repenser leurs processus et leurs cultures en milieu de travail pour attirer et retenir une main-d’œuvre plus neurodiversifiée.

Différentes stratégies peuvent permettre d’améliorer l’inclusion au sein des entreprises.

  • Revoir le processus d’embauche et ratisser plus large : Elles peuvent établir des liens avec des organisations et des établissements postsecondaires qui disposent de programmes pour les personnes neurodivergentes et évaluer les préjugés qui existent dans les processus de recrutement et d’embauche. Elles peuvent aussi réinventer l’entrevue d’emploi pour mettre l’accent sur des compétences précises plutôt que de parler de concepts abstraits ou de demander une opinion. Elles peuvent élargir les rôles offerts aux employés neurodivergents et éviter de les classer selon des ensembles de compétences fondés sur un diagnostic.
  • Favoriser le soutien en milieu de travail : Elles peuvent respecter les différences individuelles, découvrir comment chaque personne fonctionne le mieux et s’adapter à son style en conséquence. Elles peuvent aussi fournir des groupes de soutien, des mentors et des partenaires de travail comme soutien précieux aux personnes neurodivergentes. Enfin, elles peuvent créer une culture qui encourage et accepte la souplesse.
  • Offrir des parcours professionnels adaptés : Elles peuvent veiller à ce que les politiques organisationnelles favorisent la neurodiversité et à ce que tout le monde les comprenne. Elles devraient éviter de déterminer à l’avance à quoi devrait ressembler la réussite ou la croissance et adapter les cheminements de carrière en fonction des objectifs, des capacités et des forces. Elles peuvent offrir des possibilités de mentorat ou d’encadrement à des professionnels chevronnés neurodivergents.

« La patience et la gentillesse peuvent avoir un grand effet. Bien des gens neurodivergents sont d’excellents employés et veulent simplement avoir l’occasion de montrer qu’ils sont capables de faire le travail. Il incombe aux employeurs de regarder au-delà de la mesure dans laquelle une personne peut serrer la main ou établir un contact visuel et de se concentrer sur la capacité à accomplir les tâches liées au poste. »

Amy Edwards, DIRECTRICE DU PROGRAMME DE SOUTIEN À L’AUTISME, UNIVERSITÉ DREXEL

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