Ressources pour les employeurs : les problèmes de santé mentale sont aussi le problème des employeurs
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La santé mentale est incontestablement devenue un sujet de premier plan qui fait les manchettes, fait l’objet d’études scientifiques et se reflète dans la manière dont nous abordons notre bien-être.
Selon le Centre de toxicomanie et de santé mentale, « [l]e Canada et le monde sont aux prises avec une crise de santé mentale qui menace des vies et nuit à l’économie ». Si la reconnaissance des problèmes de santé mentale et de leur impact est une avancée positive, ces questions représentent un défi de taille pour les employés et leurs employeurs.
Un Canadien sur cinq est confronté chaque année à un problème de santé mentale et 50 % de la population canadienne en souffre avant l’âge de 40 ans. Il ne s’agit donc pas d’un problème qui touche seulement quelques employés insatisfaits. Environ 500 000 Canadiens s’absentent du travail chaque semaine pour des raisons de santé mentale; 30 % de tous les sinistres d’invalidité et 70 % des coûts liés à l’invalidité sont dus à des problèmes de santé mentale. Au total, cela coûte à l’économie canadienne environ 51 milliards de dollars par an. Les conditions économiques difficiles, comme celles que le secteur de l’énergie du Canada a affrontées ces six dernières années, sont étroitement liées à la détérioration de la santé mentale des salariés (et du public en général).
Selon EnergyNow.ca, une étude de l’Université de Calgary révèle que « pour chaque pourcentage d’augmentation du taux de chômage, les chercheurs observent une augmentation de 2,8 % du nombre de suicides ».
La pandémie de COVID-19 n’a fait que multiplier le nombre de personnes souffrant de troubles mentaux, qu’il s’agisse d’anxiété, de dépression, de stress ou d’épuisement professionnel. Autrefois, on se serait attendu des employés qu’ils tiennent bon : il fallait « souffrir en silence ».
LE SAVIEZ-VOUS?
Une récente enquête menée par Deloitte révèle que près d’un tiers des membres de la génération Y et de la génération Z affirment s’être absentés du travail pour cause de stress et d’anxiété depuis le début de la pandémie. Parmi ceux qui ne l’ont pas fait, 40 % se disent stressés en permanence, mais ont choisi de « faire avec ».
La pandémie a eu des répercussions directes et négatives sur la santé mentale des employés du secteur de l’énergie, en particulier ceux qui travaillent par rotation dans des régions isolées. Dans une enquête commandée par l’International SOS Foundation auprès d’employés permutants travaillant principalement sur des sites isolés, notamment des installations énergétiques extracôtières, 65 % des répondants ont déclaré que la pandémie avait accru leur charge de travail, 55 % qu’ils effectuaient des heures supplémentaires et 56 % que leur niveau de stress et d’anxiété avait augmenté. De plus, 37 % des répondants ont ressenti une grande solitude et 23 % ont déclaré souffrir d’épuisement émotionnel. Cette même étude fait état d’un constat alarmant : 40 % des répondants ont indiqué avoir eu des pensées suicidaires parfois ou en permanence pendant leur période de rotation et 29 % ont atteint le seuil de dépression clinique durant cette période.
Que font les employeurs?
Les employeurs reconnaissent de plus en plus que les problèmes de santé mentale ont des répercussions directes sur la vie de leurs employés et sur la réussite de leur entreprise. Lorsque jusqu’à 40 % de vos employés sont surmenés et que près d’un tiers d’entre eux ont pris ou doivent prendre des congés pour des problèmes de santé mentale, la productivité ne peut qu’en souffrir. Il faut également tenir compte des travailleurs qui ont des idées suicidaires lors de leurs longues rotations de travail, loin de chez eux et de leur famille. La même enquête de Deloitte montre que les quatre principales priorités non financières des entreprises sont liées à la santé mentale et au bien-être des employés.
De toute évidence, de nombreux employeurs se sentent concernés. Pourtant, bien des employés ne voient pas la concrétisation de cette prise de conscience en efforts tangibles visant à assurer leur bien-être mental sur le lieu de travail et à la maison.
LE SAVIEZ-VOUS?
Selon la même enquête de Deloitte, 40 % des répondants estiment que leur employeur n’a pas fait assez pour protéger leur santé mentale et que plus leur niveau de stress est élevé, moins ils ont l’impression de bénéficier d’un soutien de la part de leur employeur.
Toujours selon Deloitte, ce manque de soutien perçu, réel ou non, pour la santé mentale pourrait expliquer pourquoi un peu plus d’un tiers des membres de la génération Y et de la génération Z déclarent avoir parlé de leurs problèmes de santé mentale avec leur employeur. Cela pourrait aussi expliquer pourquoi la moitié des employés qui ont déclaré avoir pris des jours de congé pour raisons de santé mentale pendant la pandémie ont justifié ce congé par d’autres raisons auprès de leur employeur.
Dans une entrevue, le directeur des Ressources humaines d’un important producteur de pétrole et de gaz au Canada a fait remarquer que la santé mentale, le stress et le rendement vont de pair. « Vous ne pouvez pas attendre de vos employés qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes s’ils passent une grande partie de leur temps au travail à gérer toutes les difficultés auxquelles ils peuvent être confrontés : à la maison, au travail, avec leurs enfants ou leurs parents âgés, au sein de leur couple, ou encore sur le plan financier. Tout cela prend du temps et détourne leur attention des affaires de l’employeur. »
Bien que ces problèmes ne soient pas tous le fait de l’employeur, bon nombre de leurs effets se font immédiatement ressentir au sein de l’entreprise. En tant qu’employeur, il vous appartient donc de trouver des moyens d’aider vos employés à mieux gérer leur santé mentale.
Le vice-président des Ressources humaines d’une importante entreprise de construction et de gestion d’infrastructures énergétiques affirme ce qui suit : « La principale mesure que nous avons prise est de veiller à ce que nos dirigeants soient conscients que le bien-être physique et mental de nos employés est une préoccupation de l’entreprise et non une question individuelle. En tant qu’entreprise, nous ne pouvons pas traiter les troubles mentaux. En revanche, nous pouvons encourager certains comportements, offrir aux employés l’accès à des services et à des programmes et adopter des politiques qui contribuent à une meilleure santé physique et mentale. Nous avons également constaté que nos employés ne profitaient pas pleinement des nombreux programmes de mieux-être et des politiques de travail que nous avons mis en place. Nous avons constaté que lorsqu’un nouvel employé entrait en fonction, nous lui fournissions seulement une description standard de son salaire et de ses avantages. Mais nous ne prenions pas le temps de lui expliquer tout ce dont il pouvait profiter, par exemple le gymnase du bureau, les congés pour raisons familiales et personnelles, le travail à distance et les horaires de travail flexibles, ainsi qu’un ensemble de services d’orientation et de consultation. Nos employés apprécient vraiment ces avantages et le taux d’adhésion à nos programmes a nettement augmenté. »
Que peut faire votre entreprise?
La bonne nouvelle, c’est que les employeurs et les employés peuvent agir pour améliorer le soutien au mieux-être mental au sein de leur organisation. La première étape cruciale consiste à développer et à concrétiser une culture de leadership qui reconnaisse et accepte l’impact de la santé mentale sur l’entreprise et les employés. Des conversations ouvertes et inclusives avec les employés, le service des ressources humaines, la direction, des spécialistes de la santé mentale et des programmes de soutien aux employés peuvent aider à cerner les aspects sur lesquels il est possible d’intervenir, par le biais d’initiatives concrètes, pour dynamiser la main-d’œuvre.
Le site Web d’Energy Safety Canada propose de nombreux liens vers de l’information et d’autres ressources liées à la santé mentale. Le Centre de toxicomanie et de santé mentale a également mis en ligne un guide en matière de santé mentale pour les chefs d’entreprise (en anglais seulement).